Aujourd’hui j’aimerais vous parler de l’œuvre majeure de Sacha Guitry, qui n’était pas qu’un auteur de pièces dramatiques reconnu mais également réalisateur. Considéré comme une figure de référence, il réalisa au cours de sa vie un panel d’œuvres très différentes et ancrées dans leur époque.
Le film « Ceux de chez nous » a été réalisé par Sacha Guitry, qui réalisa également le scénario et les dialogues. Réalisé dans un premier temps en 1915, il n’a alors que 30 ans et est déjà reconnu comme auteur dramatique avec des pièces telles que Le veilleur de nuit. En réaction à la situation post-première guerre mondiale, il décide d’utiliser une caméra amateur afin de « graver en images » les grandes figures du temps qui contribuaient au rayonnement de la France. D’instinct patriotique, voir chauvin, Sacha Guitry s’efforça toujours de porter en avant la richesse de son pays, sa culture et ses aspects qui le caractérise encore et toujours à l’international.
D’une durée première de 22 minutes, le film originel était en noir et blanc et muet. Sa première projection fut le 23 novembre 1915 au théâtre des Variétés à Paris. A chaque représentation, Sacha Guitry et/ou sa femme de l’époque (Charlotte de Lysès) commenta le film, ce qui en fit une sorte de « performance », car ils durent répéter l’action à chaque fois.
En 1939, vint s’ajouter au film une bande sonore et également une présentation de son père, Lucien Guitry, qui n’était pas présente dans la première version. Car oui, le film documentaire présentait en de courtes séquences, des documents pris sur le vif, de personnes devenues des icônes, des références dans le monde artistique, théâtral, littéraire etc.
Le dernier remaniement se fit en 1952 grâce à la complicité de Frédéric Rossif, un réalisateur, qui monta au film originel des séquences ou Guitry, assis à son bureau présente les personnes qu’il a filmé 37 ans plus tôt, et qui pour certains ne sont déjà plus.
Entourés d’objets d’arts d’importance majeure, Sacha Guitry nous livre avec sa plume qui lui est si caractéristique, histoires et anecdotes sur la séquence à suivre, pensées et souvenirs personnels qui ajoutent une émotion supplémentaire aux scènes de ces personnes que l’on a un jour ou l’autre admiré, lu, étudié, magnifié.
On observe la grande dialectique verbale du scénario, qui très rédigé fait part-belle à la langue française. La question de l’image médiatique est également très importante : on sent que sa relation avec les personnalités aux univers clos est très forte, et mise en avant de nombreuses fois au cours du film.
Mais avant d’être un bel hommage ce film documentaire est un souvenir collectif, présentant des images de personnalités hors du commun, que peu on eu la chance de connaître mais qui furent admirés de beaucoup.
On peut y voir : André Antoine, Sarah Bernhardt, Edgar Degas, Anatole France, Lucien Guitry, Octave Mirbeau, Claude Monet, Auguste Renoir, Henri-Robert, Auguste Rodin, Edmond Rostand et Camille Saint-Saëns.
